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Encyclopédie du pétrole et des mines pensée pour un Africain — Dossier de recherche (interne, non destiné à publication)
Recherche documentaire réalisée le 10 octobre 2026. Tout chiffre est accompagné de sa source et de son année. Faits établis, déclarations attribuées et points non vérifiés sont distingués.
THÈME 1 — OFFSHORE vs ONSHORE
Définitions simples
- Onshore : le gisement se trouve sous la terre ferme. On fore depuis le sol avec un derrick (la tour de forage classique). C'est la technique la plus ancienne, la moins chère.
- Offshore : le gisement se trouve sous le fond de la mer. On fore depuis la mer : plateforme fixe posée sur le fond (eaux peu profondes), ou navire/unité flottante (eaux profondes).
- Eau profonde (« deepwater ») : conventionnellement, une profondeur d'eau dépassant 300 mètres (source : Wikipédia, article « Bonga (gisement) »). Plus on descend, plus c'est cher et technique.
- Plateforme : structure fixe ou flottante installée au-dessus du gisement pour forer et produire.
- FPSO (Floating Production Storage and Offloading) : un grand navire qui fait trois choses : produire (séparer le pétrole, le gaz et l'eau), stocker (dans ses cuves) et décharger (transférer le pétrole vers des pétroliers navettes). Solution privilégiée en eau profonde, où une plateforme fixe est impossible.
- FLNG (Floating Liquefied Natural Gas) : un navire-usine qui refroidit le gaz naturel à environ −162 °C pour le liquéfier, ce qui divise son volume par ~600 et permet de le transporter par bateau vers les acheteurs.
- Forage terrestre vs forage en eau profonde : sur terre, on installe un derrick sur le sol et on fore directement. En mer profonde, on utilise un navire de forage positionné au-dessus du point, avec des têtes de puits posées sur le fond marin reliées à la surface par des conduites (« risers »). Les coûts sont sans commune mesure.
Exemples africains
GTA — Grand Tortue Ahmeyim (gaz offshore, Sénégal-Mauritanie)
- Gisement à cheval sur la frontière maritime des deux pays, à environ 120 km des côtes, par 2 850 m d'eau — la plus profonde infrastructure sous-marine d'Afrique (Mines Actu Burkina, avril 2025).
- Chaîne technique : puits sous-marins → FPSO situé à ~40 km au large (le gaz y est traité : on retire condensats, eau, impuretés) → gazoduc sous-marin → navire FLNG « Gimi » (opéré par Golar LNG) à ~10 km du FPSO, qui liquéfie le gaz pour l'exportation. Une partie est réservée aux besoins domestiques des deux pays (nsenergybusiness, 2025).
- Capacité : phase 1 de 2,3 à 2,5 millions de tonnes de GNL par an ; phase 2 envisagée à 5 mtpa. Réserves annoncées : 425 milliards de m³ de gaz (sikafinance, 2025 ; africanbusinessjournal).
- Partenaires : BP opérateur (56 %), Kosmos Energy (27 %), Petrosen, la compagnie nationale sénégalaise (10 %), Société Mauritanienne des Hydrocarbures — SMH (7 %). Décision finale d'investissement : décembre 2018 (nsenergybusiness, 2025).
- Jalons : premier flux de gaz le 31 décembre 2024 ; première cargaison de GNL exportée le 17 avril 2025 ; opérations commerciales en 2025 (Mines Actu Burkina, 2025 ; Energy Capital & Power, 2025).
Sangomar (pétrole offshore, Sénégal)
- Premier projet pétrolier offshore du Sénégal. Opérateur : Woodside Energy (82 %), associé à Petrosen (18 %). Coût estimé : 4,9 à 5,2 milliards de dollars (Woodside, communiqué du 11 juin 2024, via Business Wire).
- Au cœur du dispositif : le FPSO « Léopold Sédar Senghor », amarré à ~100 km au large de Dakar, capacité de 100 000 barils par jour, stockage de 1,3 million de barils. Phase 1 : 23 puits (African Energy Chamber, 2024 ; Woodside, 2024).
- Premier pétrole : 11 juin 2024 (Woodside, 2024).
Gisements offshore profonds du Nigeria
- Bonga : premier gisement développé en offshore profond au Nigeria (bloc OML 118, au large de Warri). Découvert en 1996, production démarrée en novembre 2005. Profondeur d'eau > 1 000 m. Capacité : 225 000 barils/jour via le FPSO Bonga. En 2023, le champ a produit son milliardième baril. Fin 2025, TotalEnergies a cédé sa part : Shell (SNEPCo, opérateur) porte sa participation à 65 %, aux côtés d'Esso (20 %) et d'Eni/Agip (15 %), pour le compte de la NNPC (OE Digital, novembre 2025 ; Wikipédia « Bonga (gisement) »).
- Egina (TotalEnergies, bloc OML 130) : découvert en 2003, production démarrée en décembre 2018, à 130 km des côtes par 1 500 m d'eau. Investissement total d'environ 16 milliards de dollars. Le FPSO (330 m de long, 60 m de large, 220 000 tonnes) est le plus grand jamais construit par Total ; ses modules supérieurs ont été assemblés au chantier naval de Lagos (Wikipédia « Egina »).
Gisements onshore algériens
- Hassi Messaoud : découvert en 1956, production démarrée en 1960, exploité à 100 % par Sonatrach, la compagnie nationale algérienne. Plus grand gisement de pétrole d'Algérie et du continent africain ; réserves prouvées d'environ 6,4 milliards de barils ; production actuelle estimée autour de 350 000 barils/jour (Wikipédia « Gisement de Hassi Messaoud » ; Global Energy Monitor, 2025). Point de départ de plusieurs oléoducs vers les raffineries et les terminaux d'exportation de la côte.
- Contexte : les réserves prouvées de l'Algérie sont estimées à 12-13 milliards de barils, concentrées dans les bassins sahariens de Hassi Messaoud, Berkine et Illizi, pour une production d'environ 1 à 1,1 million de barils/jour (IndexBox, rapport de marché 2026).
THÈME 2 — LA CHAÎNE DE VALEUR : DE L'EXPLORATION À LA COMMERCIALISATION
Les étapes
- Exploration : les géologues étudient d'abord le sous-sol (géologie, magnétométrie, gravimétrie), puis réalisent des campagnes sismiques 2D/3D (on envoie des ondes dans le sol et on « photographie » les couches). À ce stade, on ne parle que de « prospects » : des gisements potentiels non prouvés. Seul le forage d'exploration permet de confirmer la présence d'hydrocarbures. Puis viennent la délimitation du gisement, l'évaluation des réserves et l'étude de rentabilité. Une campagne d'exploration dure typiquement de 3 à 10 ans (document « Exploration et Production des Hydrocarbures », via Scribd).
- Développement : on construit les installations (puits de production, plateformes, FPSO, pipelines). C'est la phase la plus coûteuse (ex. Sangomar : ~5 milliards de dollars).
- Production : le pétrole ou le gaz remonte à la surface, est traité puis expédié. Un champ produit généralement 10, 15, 25 ans ou plus.
- Transport (« midstream ») : oléoducs/gazoducs, navires-citernes, stockage.
- Raffinage (« downstream ») : à la raffinerie, le brut est chauffé et séparé par distillation fractionnée en essence, gazole, kérosène, etc. ; le craquage transforme les fractions lourdes en produits plus légers (FasterCapital, dossier « En aval »).
- Commercialisation : vente du brut, du GNL ou des produits raffinés sur les marchés mondiaux.
Qui fait quoi
- Les majors internationales (BP, Shell, TotalEnergies, ExxonMobil, Eni, mais aussi Kosmos Energy, Woodside) : elles apportent le capital, la technologie et prennent le risque de l'exploration (si le forage est sec, elles perdent leur mise). Elles sont généralement « opérateurs » des projets.
- Les compagnies nationales : elles représentent l'État dans les projets. Exemples : Sonatrach (Algérie) exploite seule Hassi Messaoud ; Petrosen (Sénégal) détient 18 % de Sangomar et 10 % de GTA, avec un droit de participation minimum de 10 % dans tous les contrats pétroliers sénégalais (Chambers & Partners, guide Oil & Gas Sénégal 2025) ; la NNPC (Nigeria) est le concédant des contrats de partage de production ; la SMH (Mauritanie) détient 7 % de GTA.
- Les sous-traitants et le contenu local : forage, construction, logistique, maintenance, services. C'est là que les entreprises locales peuvent entrer dans la chaîne.
Contenu local : exemples africains sourcés
- Sénégal : le Code pétrolier de 2019 rend le contenu local obligatoire : priorité aux entreprises sénégalaises pour les contrats de construction, de fourniture et de services ; obligation de transfert de technologie (programme annuel de formation) ; priorité donnée au marché intérieur pour l'approvisionnement en hydrocarbures. Un Comité national de suivi du contenu local coordonne la stratégie, et l'Institut National du Pétrole et du Gaz (INPG) forme les compétences locales (Energy Capital & Power, 2019-2025 ; Chambers & Partners, 2025). Point de vigilance : les dispositions ne s'appliquent qu'aux contrats postérieurs à la loi, pas aux accords déjà en cours.
- Nigeria : pour le projet Egina, les modules supérieurs (« topsides ») du FPSO ont été construits et intégrés au chantier naval de Lagos avant installation en mer (Wikipédia « Egina ») — exemple concret d'intégration industrielle locale sur un mégaprojet offshore.
- [NON VÉRIFIÉ] : l'ampleur réelle et l'efficacité de ces dispositifs de contenu local (emplois créés, part des contrats captée localement) n'ont pas pu être établies à partir de sources indépendantes dans le cadre de cette recherche ; à traiter comme une question ouverte, pas comme un acquis.
THÈME 3 — RETOMBÉES FINANCIÈRES : QUI GAGNE QUOI ?
Comment l'argent circule : redevances et contrats de partage de production
- Le contrat de partage de production (CPP) est aujourd'hui le montage le plus répandu dans les pays du Sud. Son principe, simple : l'État reste propriétaire des hydrocarbures dans son sous-sol ; la compagnie étrangère avance seule tout l'argent de l'exploration, du développement et de la production, et prend tout le risque (si elle ne trouve rien, elle perd tout). Quand la production démarre, une partie du pétrole sert d'abord à rembourser ses coûts — c'est le « cost oil » (souvent plafonné : le « cost stop »). Le reste — le « profit oil » — est partagé entre l'État (via sa compagnie nationale) et la compagnie selon une clé négociée, généralement majoritaire pour l'État. En plus, l'État perçoit une redevance calculée sur la production brute et des impôts (glossaire ITIE Sénégal ; interview de Pierre Lhermitte, Financial Afrik, 2019 ; article HAL-SHS sur l'évolution des relations contractuelles pétrolières).
- Origine : le premier contrat de partage de production est apparu en Indonésie en 1966 (HAL-SHS) / 1968 (Financial Afrik, 2019) — les deux dates coexistent dans les sources, à signaler.
- Exemple chiffré (à titre illustratif) : un contrat tchadien cité par Scribd fixe la redevance à 14,25 % pour le pétrole brut et 5 % pour le gaz naturel, avec un cost stop de 70 % — ce sont des paramètres négociés au cas par cas, pas une norme universelle.
- La redevance : un pourcentage de la production brute versé à l'État dès le premier baril, avant tout partage. C'est la part la plus « sûre » pour l'État.
Fonds souverains et fonds d'épargne : exemples africains
- Sénégal : la loi n° 2022-09 du 19 avril 2022 encadre la répartition des recettes pétrolières et gazières : interdiction de toute cession anticipée des ressources, budgétisation intégrale des recettes, transparence, et création de deux véhicules — un fonds de stabilisation et un fonds intergénérationnel — alimentés par une fraction des recettes (impôt sur les sociétés, part de l'État dans le profit pétrolier, dividendes de Petrosen…). La gestion du fonds intergénérationnel est confiée au Fonds Souverain d'Investissements Stratégiques (FONSIS) (NRGI/Resource Governance, 2026 ; African News Agency, 2022 ; Energy Capital & Power, citant NRGI).
- Algérie : le Fonds de Régulation des Recettes (FRR), créé en 2000, fonds de stabilisation alimenté par les recettes pétrolières et gazières ; actifs estimés à 77-78 milliards de dollars en 2015 (OCP Policy Center, 2017).
- Botswana : le Pula Fund, créé en 1993-1994 sous l'égide de la Banque du Botswana, pour préserver une partie des revenus des exportations de diamants au profit des générations futures (double objectif d'épargne et de stabilisation). Actifs : ~6,9 milliards de dollars en 2015, environ 3,5 milliards fin 2024 (IFSWF ; Wikipédia « Pula Fund ») — la baisse illustre que ces fonds peuvent être ponctionnés en période de crise budgétaire.
- Autres : Mauritanie — Fonds National des Revenus des Hydrocarbures (FNRH), créé en 2006 pour gérer les revenus du champ (aujourd'hui abandonné) de Chinguetti ; Nigeria — Nigeria Sovereign Investment Authority (2012) ; Ghana — Petroleum Holding Fund (2012) ; Angola — Fundo Soberano de Angola (2012) (OCP Policy Center, 2017 ; Energy Capital & Power).
« Qui profite vraiment ? » — chiffres attribués
- [DÉCLARATION ATTRIBUÉE — think tank IDEAS_SN, policy brief de S. Diakhaté, juin 2026, chiffres non vérifiés par une source officielle indépendante] : sur la période juin 2024 – mars 2026, le champ de Sangomar aurait généré environ 4,57 milliards de dollars de revenus d'exportation, dont 3,42 milliards (75 %) captés par Woodside et ~1,15 milliard (25 %) pour l'État sénégalais (part directe + Petrosen), la moitié de la part de Petrosen repartant en service de la dette. Pour GTA, les revenus cumulés atteindraient ~337 millions de dollars au premier trimestre 2026, avec une part nette de l'État inférieure à 30 millions de dollars, la part de Petrosen (~61,5 millions) étant absorbée par le remboursement d'une dette de 435 millions contractée auprès de BP et Kosmos. Ces chiffres illustrent le mécanisme central du CPP : les premières années de production servent surtout à rembourser les investissements (cost oil), la part nette de l'État n'augmentant qu'une fois les coûts amortis.
- [FAIT ÉTABLI] Le Sénégal est membre de l'ITIE (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) : toutes les compagnies opérant dans le pays doivent déclarer leurs paiements à l'État (Energy Capital & Power).
- [NON VÉRIFIÉ] : les montants exacts perçus par chaque État africain producteur restent difficiles à établir publiquement de façon consolidée ; les rapports ITIE nationaux sont la source de référence à consulter au cas par cas.
THÈME 4 — IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX : CAS DOCUMENTÉS
Marées noires et pollution dans le delta du Niger
- Bodo (2008-2009) : deux fuites majeures de pipelines appartenant à Shell dans la communauté de Bodo (Ogoniland). Après une action en justice intentée au Royaume-Uni, Shell a annoncé le 7 janvier 2015 un arrangement à l'amiable : 70 millions d'euros (55 millions de livres sterling) d'indemnisation — 45 millions pour 15 600 victimes individuelles, 25 millions pour la communauté, qui vit de pêche et d'agriculture. Shell avait d'abord évoqué 4 000 barils déversés ; une enquête d'Amnesty International (2012) a estimé la fuite à 100 000 barils (Novethic, 2015).
- Oruma et Goi (Ogoniland) : en 2021, Shell a versé 15 millions d'euros d'indemnisation aux deux communautés ; les quatre plaignants initiaux étaient décédés avant le versement (Global Landscapes Forum / ThinkLandscape).
- Bille et Ogale : des procédures intentées entre 2015 et 2017 devant les tribunaux anglais pour des déversements survenus entre 2011 et 2013. Le 10 septembre 2026, la Haute Cour de Londres a autorisé les plaignants à soutenir au procès (prévu en 2027) que Shell est responsable de l'ensemble de la pollution de la région de Bille sur la période concernée (Doughty Street Chambers, 2026).
- Environ 1 000 hectares de mangroves ont été directement détruits par le déversement de 2008 à Ogoniland ; plus de 500 000 barils de brut seraient entrés dans l'environnement en moins de 20 ans selon le Dr Ferdinand Giadom (Bodo Mediation Initiative), cité par The Climate Watch (2026).
- Le delta du Niger abrite la plus grande mangrove d'Afrique et la troisième du monde (~1 million d'hectares) (The Climate Watch, 2026).
Torchage du gaz (« gas flaring ») au Nigeria
- Le torchage consiste à brûler le gaz naturel produit en même temps que le pétrole, au lieu de le capter pour l'utiliser ou le vendre : c'est un gaspillage de ressource et une source d'émissions.
- [FAIT ÉTABLI — Banque mondiale, Global Gas Flaring Tracker 2025, relayé par BusinessDay NG et The Sun, 2026] : le Nigeria figure parmi les 9 pays responsables de 83 % du torchage mondial en 2025 (avec la Russie, l'Iran, l'Irak, le Venezuela, le Mexique, la Libye, l'Algérie et les États-Unis). Le torchage mondial est passé de 157 à 167 milliards de m³ entre 2024 et 2025 (~429 millions de tonnes équivalent CO₂). Au Nigeria, les volumes torchés ont augmenté de 8 % en 2025, au même rythme que la production de brut ; l'intensité de torchage (gaz torché par baril produit) est restée stable. Cause principale identifiée : l'insuffisance des infrastructures de collecte et de transport du gaz.
- [DÉCLARATION ATTRIBUÉE — NOSDRA, l'agence nigériane de détection des déversements, via SweetCrudeReports, 2026] : en 2025, 206,3 milliards de pieds cubes de gaz torchés sur les sites terrestres (63,8 % du total, valorisés 722 millions de dollars, ~11 millions de tonnes de gaz à effet de serre) et 116,8 milliards de pieds cubes en offshore (408,7 millions de dollars, 6,2 millions de tonnes de CO₂).
- L'objectif officiel du gouvernement nigérian est de mettre fin au torchage de routine d'ici 2030 (Diaspora Digital Media, 2026).
Mines à ciel ouvert et communautés affectées : exemples sourcés
- RDC, cuivre et cobalt (Katanga/Lualaba) : selon un rapport d'Amnesty International présenté à Kinshasa (relayed by Business and Human Rights Resource Centre), l'expansion des mines industrielles de cobalt et de cuivre s'accompagne d'expulsions forcées : maisons du quartier Gécamines à Kolwezi détruites pour faire place à une mine en expansion, agriculteurs de Samukonga et Tshamundenda chassés de leurs terres, village informel de Mukumbi incendié. Les habitants expulsés n'auraient souvent pas été consultés et les indemnisations jugées insuffisantes pour se reloger [DÉCLARATION ATTRIBUÉE à Amnesty International].
- RDC, mine de Tenke Fungurume (CMOC) : le rapport « Transition toxique » de l'Environmental Investigation Agency (EIA) et de PremiCongo (mars 2026) accuse le premier producteur mondial de cobalt de pollutions répétées de l'air (émissions de dioxyde de soufre depuis l'ouverture de l'usine de traitement en 2023 — saignements de nez, toux, vomissements de sang signalés chez les riverains) et du déplacement de plus de 10 000 personnes [DÉCLARATION ATTRIBUÉE à EIA/PremiCongo].
- Zambie, février 2025 : la mine de cuivre de Sino-Metals Leach a déversé au moins 50 millions de litres d'effluents toxiques dans la rivière Kafue, qui fournit l'eau potable à environ 5 millions de personnes — l'une des pires catastrophes environnementales de l'histoire du pays (ADF Magazine, septembre 2026 ; Business and Human Rights Resource Centre).
- RDC, Lubumbashi (2024-2025) : effondrement d'un barrage de résidus de Congo Dongfang International Mining (CDM, filiale de Huayou Cobalt), libérant des millions de mètres cubes d'eaux contaminées (plomb, arsenic) dans la deuxième ville du pays ; la mine a été suspendue par les autorités (Business and Human Rights Resource Centre).
THÈME 5 — COURS MONDIAUX : COMMENT SE FORMENT LES PRIX
Le pétrole : Brent vs WTI
- Le Brent : panier de pétroles bruts de la mer du Nord (gisements Brent, Forties, Oseberg, Ekofisk, Troll). Coté à l'ICE (Intercontinental Exchange) à Londres. C'est la référence mondiale : environ deux tiers du pétrole commercialisé dans le monde est prixé par rapport au Brent, y compris des bruts africains comme le Bonny Light nigérian (Géoconfluences, ENS Lyon ; glossaire mis à jour en janvier 2026).
- Le WTI (West Texas Intermediate) : brut léger américain, point de livraison à Cushing (Oklahoma). Coté au NYMEX (New York Mercantile Exchange, du groupe CME). C'est la référence du marché américain (Géoconfluences ; Coinpaper, 2026).
- L'écart Brent-WTI : les deux prix évoluent généralement ensemble, mais l'écart peut s'élargir : le Brent, transporté par mer, est plus sensible aux tensions géopolitiques sur les routes maritimes (détroit d'Ormuz, mer Rouge) ; le WTI dépend davantage des stocks américains et des capacités de pipelines à Cushing. Au premier trimestre 2026, l'écart serait passé d'environ 4 dollars à jusqu'à 25 dollars le 31 mars, selon l'EIA américaine (Coinpaper, septembre 2026) [DÉCLARATION ATTRIBUÉE à l'EIA via la presse spécialisée].
- Ordres de grandeur récents (octobre 2026, à titre indicatif, Commodity-Board) : Brent ~101 $/baril, WTI ~89 $/baril — des prix instantanés, pas une prévision.
Les métaux : le LME
- Le LME (London Metal Exchange), fondé en 1877 et détenu par Hong Kong Exchanges and Clearing (HKEX) depuis 2012, est la première bourse mondiale des métaux industriels : on y négocie des contrats à terme sur le cuivre, l'aluminium, le nickel, le zinc, le plomb, l'étain, mais aussi le cobalt et le lithium (métaux des batteries). Les prix qui s'y forment servent de référence à l'industrie mondiale (Investopedia ; broker-forex.fr).
- Pourquoi c'est important pour un Africain : le cuivre de Zambie et de RDC, le cobalt congolais, l'aluminium issu de la bauxite guinéenne sont prixés en référence aux cours du LME. Quand le cuivre monte au LME, les recettes d'exportation et l'assiette des redevances minières des pays producteurs augmentent mécaniquement (MINES.CD, octobre 2026 : cuivre à ~14 500 $/tonne au LME le 8 octobre 2026).
L'or
- Le prix de l'or est fixé à Londres par la LBMA (London Bullion Market Association) : deux fixings quotidiens servent de référence mondiale ; le prix « au comptant » (spot) évolue ensuite en continu sur les marchés.
- [NON VÉRIFIÉ dans le cadre de cette recherche] : le mécanisme exact du fixing LBMA n'a pas été documenté ici par une source primaire ; à compléter avant toute publication.
Où suivre les cours gratuitement
- Les bourses elles-mêmes publient les cotations : ICE (Brent), CME/NYMEX (WTI), LME (métaux) — accès gratuit aux prix sur leurs sites.
- Les médias économiques généralistes et la presse spécialisée matières premières relaient quotidiennement les cours.
- [NON VÉRIFIÉ] : aucun site ou application spécifique n'a été testé dans le cadre de cette recherche ; ne recommander un service précis qu'après vérification.
Trois notions de base, en simple
- Offre et demande : quand la demande mondiale augmente plus vite que l'offre (ou l'inverse), les prix montent (ou baissent). Exemple : une grève dans une grande mine de cuivre au Chili ou un accident à Escondida tend les prix du cuivre (MINES.CD, octobre 2026).
- L'OPEP+ : l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (dont la Russie) — environ la moitié de la production mondiale de pétrole (Reuters, février 2026). Les membres se réunissent et fixent des quotas de production pour soutenir ou détendre les prix. Exemple : le 4 octobre 2026, sept pays (Arabie saoudite, Russie, Irak, Koweït, Kazakhstan, Algérie, Oman) ont reconduit leurs objectifs pour novembre 2026, avec un plafond cumulé de 31,01 millions de barils/jour — alors que leur production réelle n'était que d'environ 25 millions de barils/jour en août (OPEP citée par Reuters, via France-Épargne, octobre 2026). L'Algérie y a un quota de 1 007 000 barils/jour. Les décisions de l'OPEP+ influencent directement le Brent.
- La spéculation : sur les marchés à terme (NYMEX, ICE), on achète et vend du pétrole ou des métaux pour une livraison future. Des investisseurs qui ne toucheront jamais un baril parient sur la hausse ou la baisse : cela ajoute de la volatilité aux prix, au-delà de la simple offre et demande physique (glossaire ITIE Sénégal : « contrat à terme »).
SOURCES PRINCIPALES (URLs)
- GTA : https://www.nsenergybusiness.com/news/bp-and-partners-commence-lng-production-from-greater-tortue-ahmeyim-project/ · https://www.sikafinance.com/marches/senegal-debut-de-la-production-de-gaz-du-projet-grand-tortue-ahmeyim_50080 · https://minesactu.info/2025/04/18/senegal-mauritanie-bp-exporte-la-premiere-production-de-gaz-du-projet-gta/ · https://energycapitalpower.com/greater-tortue-ahmeyim-lng-project-begins-commercial-operations/
- Sangomar : https://www.businesswire.com/news/home/20240610557422/en/Woodside-Achieves-First-Oil-at-Sangomar-in-Senegal · https://energychamber.org/pt/dans-un-geste-historique-le-senegal-obtient-le-premier-petrole-du-projet-sangomar/
- Nigeria offshore : https://www.oedigital.com/news/532848-totalenergies-exits-nigeria-s-deepwater-field-as-eni-and-shell-boost-stakes · https://fr.wikipedia.org/wiki/Bonga_(gisement) · https://fr.wikipedia.org/wiki/Egina
- Algérie onshore : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gisement_de_Hassi_Messaoud · https://www.gem.wiki/Hassi_Messaoud_Oil_and_Gas_Field_(Algeria) · https://maghrebemergent.news/fr/waha-hassi-messaoud-agbami-les-champs-qui-portent-la-production-petroliere-et-gaziere-africaine/
- Chaîne de valeur / contenu local : https://prospect-intel.com/senegals-petroleum-code-promoting-local-content-state-ownership-of-hydrocarbon-resources-and-environmental-sustainability/ · https://practiceguides.chambers.com/practice-guides/oil-gas-and-the-transition-to-renewables-2025/senegal
- Contrats / redevances : https://www.itie.sn/wp-content/uploads/2021/07/Contrats-Petroliers-a-la-portee-de-tous.pdf · https://www.financialafrik.com/2019/05/16/pierre-lhermitte-sur-le-petrole-le-contenu-local-doit-etre-competitif/ · https://shs.hal.science/halshs-00339299/document
- Retombées / fonds : https://resourcegovernance.org/sites/default/files/2026-06/Le_S%C3%A9n%C3%A9gal_face_premiers_strat%C3%A9giques_risques_recommandations.pdf · https://idan.africa/wp-content/uploads/2026/06/Policy-brief-11_S.-Diakhate_FRENCH-1.pdf · https://www.policycenter.ma/sites/default/files/OCPPC-PB1731vEn.pdf · https://www.ifswf.org/members/botswana
- Environnement : https://www.novethic.fr/empreinte-terre/pollution/isr-rse/pollution-petroliere-dans-le-delta-du-niger-shell-verse-70-millions-d-euros-aux-victimes-142987.html · https://thinklandscape.globallandscapesforum.org/107733/niger-delta-oil-pollution/ · https://www.doughtystreet.co.uk/news/high-court-holds-claimants-entitled-argue-shell-responsible-all-oil-pollution-bille-region · https://businessday.ng/news/article/nigeria-among-top-nine-gas-flaring-nations-as-volumes-rise-8-in-2025-world-bank/?amp · https://sweetcrudereports.com/nigeria-lost-1-5trn-to-gas-flaring-in-2025/ · https://eia.org/press-releases/transition-toxique/ · https://adf-magazine.com/fr/2026/09/le-recherche-des-minerais-cruciaux-par-les-chinois-saccompagne-dabus/
- Cours mondiaux : https://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/cours-mondial-du-petrole · https://www.investopedia.com/terms/l/londonmetalexchange.asp · https://coinpaper.com/36433/brent-vs-wti-what-is-the-difference-between-the-two-oil-benchmarks · https://www.reuters.com/fr/affaires/ptrole-lopep-envisage-daugmenter-sa-production-partir-davril-sources-2026-02-13/ · https://www.france-epargne.fr/news/opep-quotas-geles-en-novembre-les-sept-pays-pompent-6-millions-de-barils-sous-leur-plafond · https://mines.cd/le-cuivre-repart-a-la-hausse-lor-rebondit-le-cobalt-reste-fige-sous-les-40-000-dollars/
Fin du dossier. Travail interne — rien à publier sans vérification et feu vert.